Burkina en bref

Coronavirus: 831 cas confirmés et 52 décès au 21 mai

Le Pays a enregistré ses premiers cas le 9 mars.

Les personnes infectées sont principalement dans les villes de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso. Le Président , Roch Kaboré a annoncé la fermeture des frontières et un couvre feu de 21 h à 4 h du matin. Les burkinabè sont invités à se conformer aux mesures de prévention( pas toujours respectées.) Le port des masques ou cache-nez est obligatoire à partir du 27 avril sur tout le territoire. A Djibo( axe Kongoussi-Djibo), des individus « non identifiés » ont interdit le ravitaillement de la ville en vivres et autres produits de première nécessité…Fin avril, d’autres communes du Nord sont coupées du reste du territoire.

Dans les écoles, les cours reprendront progressivement à partir du 11 mai (enseignement général et professionnel)

Fin mars, 2 cas de Covid-19 ont été confirmés à Kongoussi, au site industriel d’extraction de l’or de Sabsé. Depuis, il n’y a pas eu d’autres cas. « Devant chaque boutique il faut se laver les mains »

Un ingénieur burkinabè lance une application sur Android et iPhone pour déceler les symptômes du coronavirus.

L’insécurité des Burkinabè


Au Nord, dans la zone sahélienne, crise sécuritaire et crise humanitaire sont plus graves que le Covid-19

Les violences et attaques armées de djihadistes et terroristes dans les régions du Nord, du Sahel, de l’Est et du Centre Nord ont contraint les habitants à quitter leurs villages.

Les origines de l’ampleur de la crise humanitaire sont nombreuses. Après les années Thomas Sankara l’Etat a abandonné les territoires ruraux, principalement le Nord et l’Est. Et depuis le chute de Kadhafi en 2011, l’éclatement de l’Etat libyen a accentué la dégradation sécuritaire des Pays du Sahel. Les djihadistes ont attisé à leurs avantages les divisions entre communautés.

Selon les données du Ministère en charge des questions humanitaires, fin févier 2020, on dénombrait 780 000 déplacés internes, en majorité femmes et enfants, dont la moitié dans la Région Centre Nord. Selon l’ONG Action contre la Faim et le Conseil norvégien pour les réfugiés, c’est la détérioration humanitaire la plus rapide de la planète.

Toutes le villes du Nord, à partir de Ouagadougou accueillent des milliers de déplacés. Fin janvier 2020, la petite province du Bam a enregistré près de 88 000 déplacés, répartis sur l’ensemble des 9 communes de la province. A 40 km au Nord de Kongoussi, la petite ville de Bourzanga a accueilli 48 000 déplacés venus de 38 villages désertés !
Les populations hôtes sont estimées à plus de 1 000 000 de personnes dans le Pays.

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CARTE DU BURKINA FASO
REGIONS ET PROVINCES DU BURKINA FASO
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ARRIVEE DES FAMILLES A KAYA

« A Djibo, une ville du Sahel à 100 km au Nord de Kongoussi, les populations fuyant l’insécurité des villages arrivent en vagues incessantes dans la ville (sept 2019) Malgré le contexte difficile, des organisations d’aide humanitaire leur viennent en aide ». Le dialogue interreligieux est entretenu « les habitants font preuve d’une résilience à toute épreuve. Pour eux chaque jour est une vie. Djibo, la ville qui refuse de sombrer »…

Que deviennent les déplacés arrivés à Kongoussi et Sanrgo ?

Fin mai 2020, plus de 20 000 personnes sont toujours à Kongoussi. Une vingtaine de camps précaires ont été installés. Les conditions de vie sont très, très difficiles…La température atteint 40 à 43°

Le Programme Alimentaire Mondial (PAM), ONG, Etats et population locale fournissent les vivres. A Kongoussi, le gouvernement a ouvert plusieurs classes sous des tentes.

LE CENTRE DE KONGOUSSI

Les familles sont venues de communes( Bourzanga, Zimtanga, Nasséré , Rollo…) de la province du Bam, situées à 15 et 50 km de Kongoussi . Pour trouver un peu de sécurité et de nourriture elles sont arrivées à Kongoussi et dans les villages proches comme à Sanrgo

Entre le 28 et le 30 septembre 2019, la ville de Kongoussi et ses villages voisins a accueilli près de 20 000 personnes en 72 heures. Leur nombre a atteint plus de 45 000 .

A la date du 27 janvier 2020, des déplacés ont rejoint leurs villages mais sont toujours pris en charge indique le directeur provincial, car ils n’ont pas pu récolter. Il ajoute « nous n’avons pas une liste exhaustive des déplacés qui sont répartis chez eux mais ils sont nombreux »

A KONGOUSSI , DES CLASSES SOUS LA TENTE BLANCHE

A Kongoussi, dans la nuit du 19 au 20 avril 2020, une pluie diluvienne, exceptionnelle en saison sèche, a détuit les abris d’un camp de déplacés. En attendant que le gouvernement trouve un nouveau site, les familles se sont réfugiées dans une école. Un élan de solidarité s’est mis en place.

Après les inondations (photo le Faso net)

Le village de Sanrgo a accueilli plusieurs centaines de personnes en octobre 2019. La plupart étaient logées et nourries chez les habitants. Elles sont reparties dans leurs villages, seulement quelques familles sont restées à Sanrgo.

Témoignage d’un habitant : « Les besoins sont énormes: logement, nourriture, eau, santé, couvertures, habits, bois pour cuisiner, toilettes… Pour avoir un peu d’argent pour se nourrir, les femmes et les hommes effectuent des petits travaux dans les cultures maraîchères au lac Bam: tabassage des gros tas de terre, désherbage, récolte des haricots » A Kaya, des hommes partent travailler pendant plusieurs jours sur des sites d’orpaillage. « Les femmes vont ramasser les graviers dans la colline pour les revendre pour quelques centimes de francs CFA »

A Kongoussi, les déplacés ont exprimé leur colère. Ils demandaient à l’Etat des mesures de sécurité (présence de militaires), devant favoriser leur retour dans les communes et villages désertés. « ARMER DES CIVILS NE PEUT QU’AUGMENTER LE RISQUE D’EXACTIONS »


LA SOLIDARITE S’ORGANISE A KONGOUSSI


Fin juillet, au village de Sankondé, près de Kongoussi, une centaine de personnes vit dans des abris faits de paillottes recouvertes de bâches en cette saison des pluies. Elles ont fui le terrorisme au Sahel.

L’urgence, c’est se nourrir, s’abriter, se soigner…

« Il est très difficile d’assister convenablement les déplacés reçus dans les familles d’accueil ou installés sur des sites spontanés » a indiqué  le Haut- commissaire de Kongoussi qui plaide pour la création d’un camp de déplacés. (juillet 2019)

LES ANIMAUX DES PEULS

A Kongoussi, les relations entre les cultivateurs mossis et les peuls sont un peu tendues mais le dialogue n’est pas rompu. Les peuls continuent d’aller abreuver leurs animaux au lac BAM. Des femmes peules livrent le lait des vaches à la mini-laiterie de Kongoussi dirigée par une femme peule. Le lait est transformé en yaourts vendus à Kongoussi.

FEMMES PEULES LORS DE LA REMISE DE 2 VELOS

Sources d’information: OCHA, CPSA, Faso net,  Journal du développement, ACF et Comité norvégien pour les réfugiés.

La plus grande usine d’égrenage de coton biologique d’Afrique de l’Ouest

Elle a été inaugurée à Koudougou le 30 janvier 2020 par le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré (photo le Faso net))

Récolte des cultures vivrières:  Un bilan contrasté d’une année à l’autre

En 2019, la production céréalière enregistre une hausse de 12% par rapport à la moyenne quinquennale.

Le taux de couverture des besoins céréaliers montre que 21 provinces sont excédentaires, 7 provinces sont en situation d’équilibre et 17 sont déficitaires. Au niveau des ménages agricoles, 40% d’entre eux n’arriveraient pas à couvrir leur besoin céréalier avec leur propre production.

Sources: Ministère de l’agriculture, CPSA, FAO

Récolte du sorgho en nov 2019

En 2018, dans la majorité des régions, bonnes récoltes favorisées par les pluies de juin à septembre et les bonnes techniques.

Les récoltes 2017 de mil et sorgho sont très mauvaises dans 17  des 45 provinces du Burkina Faso. En cause, l’arrêt précoce des pluies à la mi septembre et les conséquences du  réchauffement climatique.


La déclaration de naissance peut se faire par SMS

En Afrique, près d’une personne sur deux ne serait pas répertoriée officiellement, un grand nombre d’africains naissent, vivent et meurent sans laisser de traces dans un registre officiel.
L’enregistrement sur les fiches de l’Etat civil est souvent compliqué. Il faut parcourir de longues distances pour faire les déclarations de naissance notamment dans les zones reculées.


Une nouvelle application a été créée au Burkina Faso Deux ingénieurs, l’un burkinabè Adama Sawadogo, l’autre français Francis Bourrières, ont mis en place un système baptisé « Icivil ». Il suffit de passer par un téléphone portable.

Comment çà marche?

Un enfant est né. L’agent de santé informe le centre d’Etat civil de la commune en un clic par SMS crypté « Les données de chaque nouveau-né sont envoyées systématiquement par téléphone à partir du centre de santé. Après un couplage avec un authentifiant unique et infalsifiable, une fiche de naissance peut être constituée par l’autorité compétente » précise l’ingénieur Adama Sawadogo.

Les parents pourront ensuite récupérer l’acte de naissance sur présentation d’un bracelet remis par le centre de santé.

Image jeuneafrique.com


Inauguration de la plus grande centrale solaire d’Afrique de l’Ouest

Les présidents burkinabè Roch Marc Christian Kaboré et français Emmanuel Macron ont inauguré le 29 novembre 2017, à une quinzaine de kilomètres de la capitale, la grande centrale solaire. Elle est composée de 129 600 panneaux solaires installés sur 60 hectares. Elle produira par an 5% de la consommation nationale. D’autres projets sont prévus, notamment à Koudougou et à Kaya. L’électricité est une ressource  rare pour plus de 80% de la population du Burkina.

Les ânes africains sont en danger

Au lac Bam

Leur peau est employée dans la médecine traditionnelle chinoise et le trafic est lucratif. Sur les 6 premiers mois de 2017 45 000 ânes ont été équarris au Burkina faso ! Devant le risque de décimer les cheptels les autorités burkinabè ont dû interdire les exportations. Mais le Kenya, Namibie et Zimbabwe ont donné le feu vert  à l’exportation de peau et à l’installation, sur leur sol, d’abattoirs gérés par des chinois